Un drôle du quartier Saint-Eutrope, Jean Joguet confidences d’un Saintais

Pour le petit Jean Joguet, fils d’un modeste artisan, naître à l’ombre du clocher de Saint-Eutrope fut une chance. Le presbytère était accueillant. Les jours de fêtes, son père traversait la rue pour sonner les cloches à la force des bras. Animées par Raphaël Bardet, les activités du patronage occupèrent très tôt les jeudis du garçon. Elles avaient lieu dans le parc de Voiville, à la salle Saint-Martin ou même à la crypte pour les films de Charlot. Les rues en pente du quartier servaient de piste aux drôles qui les dévalaient sur des planches à roulettes. Les arènes voisines offraient un merveilleux espace de jeux. Aujourd’hui l’enfant de Saint-Eutrope parcourt en pèlerin les chemins de ses jeunes années et se réjouit de pouvoir encore monter au clocher, réveillant ainsi quelques souvenirs d’adolescence. Une période intense que pimentait la présence des filles du collège voisin et de la pension Magistel. Pas question pourtant de laisser la nostalgie s’installer ! Attentif à l’évolution du quartier, l’ancien drôle va quelquefois flâner à l’Espace Saint-Eutrope où la jeunesse est toujours présente. Et où circulent des inconnus en quête du gîte des Chemins de Saint-Jacques. Et les reliques de saint Eutrope dans tout cela ? Madame Paulin, ancienne connaissance du narrateur, se passionne pour leur histoire. Et pour les nouveautés qui sont dans l’air : la fête de saint Eutrope revisitée et l’aménagement du site des arènes.